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Rencontre avec Frédéric Panaïotis, chef de caves de la maison de champagne Ruinart

Vendredi 24 janvier 2014

LE VIN & VOUS

Frederic-Panaiotis

Qui es-tu Frédéric Panaïotis ?
Originaire de Reims, avec des grands-parents, un oncle et un parrain vigneron, je suis un peu né « dans le Champagne », mais n’avais pas forcément l’intention d’en faire mon métier. Ingénieur-agronome et oenologue de formation, je suis revenu en Champagne il y a une vingtaine d’années, après être passé par les Côtes-du-Rhône septentrionales et la Californie.

Comment es-tu tombé dans la maison Ruinart ?
En douceur et avec beaucoup de plaisir !!!! Après plus de 12 ans passés chez Veuve Clicquot en tant qu’oenologue, où j’ai véritablement appris le métier avec le Chef de Caves Jacques Péters et toute son équipe, cette unique opportunité s’est présentée, suite au départ de mon prédécesseur dans une grande coopérative. Bien sûr, je connaissais un peu et j’admirais depuis longtemps la maison Ruinart. Et je suis tout de suite tombé sous le charme des Crayères, de son histoire unique et du style des cuvées, qui correspond exactement à mon goût personnel. Mais le plus important, c’était bien évidemment les hommes et les femmes qui y travaillaient – et y travaillent toujours -, une équipe de gens talentueux et passionnés.

Si tu étais une couleur, laquelle serais-tu ? Rouge, Blanc, Rosé ?
Si on sort du vin, ce serait plutôt bleu lagon en fait, car j’adore la mer, surtout si elle est chaude et translucide…. Mais en matière de vin, et même si j’ai des goûts très éclectiques, je suis plutôt dans une période blanche en ce moment, avec un grand intérêt pour les Rieslings allemands et autrichiens. Bon, je suis aussi fan des bourgognes blancs, des jolis chenins de la Loire, des grands blancs des Côtes du Rhône, des rolles de Provence et de la Corse…. en fait, à partir du moment où le cépage et le terroir s’expriment, j’y trouve toujours de l’intérêt !

Quelle qualité préfères-tu chez l’Homme (avec un grand H) ?
C’est difficile d’en choisir une seule. J’hésite entre la générosité et l’intégrité, car toutes deux en conditionnent souvent beaucoup d’autres.

As-tu un héros dans ta vie ?
Je précise d’abord que je vois un héros comme quelqu’un d’imaginaire. Un personnage existant ou ayant existé est, à mes yeux, un modèle. Comme Mandela, Gandhi, par exemple. Je me suis revu enfant, période à laquelle mon héros, c’était Rahan, le « fils des âges farouches » (en BD, je précise). Avec son collier de griffes et ses outils magiques – disponibles dans Pif Gadget ;-) !!!! Mais je parle sans doute d’une époque que toi et la génération Twitter n’a pas connue…. J’en retombe en enfance rien que d’y penser.

Le don de la nature que tu voudrais avoir ?
Alors ça, pour l’apnéiste que je suis, c’est assez facile, j’aimerais pouvoir tenir ma respiration aussi longtemps que des champions comme Umberto Pelizzari, Stéphane Mifsud, Guillaume Néry… Je sais que je n’arriverai jamais à leur niveau mais ce sport permet de progresser pendant très longtemps, indépendamment des années qui passent…

Quelle saison te procure le plus d’émotions ?
Pour un chef de caves, c’est évidement l’automne, avec les vendanges. C’est non seulement très intense en terme de travail, mais surtout passionnant, car il faut être réactif, se poser les bonnes questions en terme de cueillette des raisins, de vinifications…. et trouver les bonnes réponses !!! Car les années sont toutes différentes, et il faut faire preuve de beaucoup de sensibilité; il faut aussi savoir se remettre en cause, en gardant toujours le style Maison en tête pour tirer le meilleur parti de la particularité de chaque millésime. La vendange, c’est le point culminant d’une année de travail de la vigne, et ça annonce aussi le début de la « saison » des dégustations d’assemblages : c’est la coeur de notre métier d’oenologue et on y met toute notre passion créative. Et puis l’automne, c’est aussi la saison des champignons, et j’adore autant les déguster qu’aller cueillir cèpes, girolles, et autres pied-de-mouton.

Quelle serait ton plus grand rêve ?
Que les politiques de ce monde réalisent enfin le danger que représente l’évolution dramatique et rapide du climat de la planète et aient pleinement conscience des conséquences désastreuses de ce dérèglement. Et prennent des mesures -sans doute douloureuses mais a-t-on vraiment le choix – pour ralentir cette évolution. Pour un Al Gore et son documentaire « An inconvenient truth », combien de dirigeants insensibles ou cyniques ? Mais j’ai peur que cela ne reste qu’un rêve, malheureusement. Faisons en tout cas tout notre possible pour que cela ne devienne pas un cauchemar.

In Good Wine We Trust, le blog du vin décomplexé



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2 commentaires pour ce billet

  1. Delphine écrit, le :

    Rahan, le « fils des âges farouches » ! Excellent :-)

  2. vins de loire écrit, le :

    Frédéric:
    je t admire ! quand tu sera en période rouge, appelles moi

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